Pour A Coeur Joie Jean-Marc Poulin Président d’honneur d’ACJ Suisse nous parle de Norbert Ott.

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Norbert OTT – un exemple – un ami – un « ACJ » comme on n’en fait plus !

C’est un musicien, un chef, un harmonisateur, un animateur, un humaniste, bien dans ce qu’on peut appeler « l’esprit A Cœur Joie » qui vient de vous quitter, victime de ce foutu virus Covid-19. Eternel jeune homme, au moins dans son âme, il y avait, comme il aimait le dire, « soixante ans qu’il avait 20 ans » !!!

Norbert, c’était surtout un ami, des gens, de la musique, et un communicateur hors pair lorsqu’il s’agissait de partager sa passion.

Cela ne s’est pas fait, mais il aurait amplement mérité d’être reconnu Témoin Majeur d’A Cœur Joie. Heureusement, la France, par son ministre de la Culture Frédéric Mitterand, l’avait nommé Chevalier des Arts et des Lettres, un des quatre ordres ministériels de la République Française, en juillet 2010, reconnaissant par là l’importance de sa contribution au service de la culture et plus particulièrement du chant choral.

Plus près de nous, Norbert a animé plusieurs rassemblements ACJ en Suisse (Retrouvailles 1987 à Vennes, Chant’Y Goût’ 2005 à Poliez-Pittet, chaque fois avec des chansons harmonisées par ses soins). Il est aussi venu partager le soixantième anniversaire de Plein Vent avec sa chorale Opus57, en septembre 2008.

On ne compte plus les ateliers qu’il a conduits un peu partout dans le monde : Choralies de Vaison-la-Romaine, Festivals de Brasov et Satu Mare en Roumanie, et surtout les Automnales d’ACJ France, dont il a été depuis 1989 un des piliers avec Marie-Thé Mathieu, et plusieurs fois en compagnie de Nicolas Ruffieux (entre 1989 et 1996).

Parmi les nombreuses harmonisations qu’il a réalisées, parfois en tandem avec un collègue, un ami, il est une chanson qui me revient en mémoire et qui reflète plutôt bien le sentiment qui m’étreint aujourd’hui :

La lune a mis son voile
Il va pleurer demain
Derrière les nuages
Se cache du chagrin
Tu te sens comme une âme
Habillée en Pierrot,
T’as le cœur en tsigane
Et la vie en sanglots.

Tu peux pleurer, Pierrot
Tu sais, la vie c’n’est pas facile
Tu peux pleurer, Pierrot
C’est difficile, mais c’est beau !
Tu peux pleurer, Pierrot
Y’aura des soirs de clair de lune
Qui reviendront bientôt
Faire sourire tes grands yeux pleins d’eau …

Aujourd’hui, c’est nous qui pleurons un ami, un frère, et qui pensons très fort à ceux qui restent, à Edith, à ses enfants, à sa famille et à tous les complices qui l’ont côtoyé et se sont humainement enrichis de ces échanges. C’est difficile, mais c’est beau, et les soirs de clair de lune, souriants, vont revenir, avec tous les bons souvenirs accumulés.

Adieu, Norbert … on n’ose même pas dire « repose en paix », tellement nous sommes sûrs que là où tu es, tu vas continuer à partager ta passion chorale avec tous les « ACJ » et autres musiciens qui t’ont précédé !

Jean-Marc Poulin, 27 mars 2020

 

J’ai reçu l’Info par Agnès Polet et je lui ai demandé de me parler de Norbert.
Merci Agnès

Ce matin, j’ai perdu plus qu’un Ami, le coronavirus a eu raison de lui : Norbert Ott est décédé ce 26 mars 2020 à 5h du matin.

Pour beaucoup d’entre nous, il était un soleil ; son sourire, sa joie de vivre, sa musique, son don pour la transmettre vont nous manquer.

Vous êtes nombreux à pouvoir en dire peut-être beaucoup plus que moi sur sa carrière et son engagement : Marie-Thé Mathieu, Françoise Brunier, Thierry Thébaut, Jean Michel Pelotte, les centaines de personnes qu’il a dirigé lors des semaines chantantes, des Automnales, des Choralies ainsi que les milliers de choristes qui ont chanté ses harmonisations. Et vous êtes tout autant nombreux à pouvoir nous dire, depuis sa rencontre avec César Geoffray, son investissement pour À Cœur Joie, car il fut membre du Conseil d’Administration, du Conseil Musical, de la Commission Formation, etc.

Personnellement, je ne peux qu’humblement vous parler de l’Homme que j’ai tant admiré et pour lequel j’ai tellement d’affection.

Érudit, homme épris d’idéal, de fraternité, de sagesse, de spiritualité, d’amour des autres, Norbert Ott a consacré sa vie à donner, partager, aimant la différence, l’étranger. Généreux, sa dernière œuvre inspirée de l’Afrique « Bonso nuni mu zulu » en Kikongo « Comme les oiseaux dans le ciel » devait être créée juin par Opus 57 au profit de mon association Kiamvu-Le Pont pour l’éducation des enfants du Congo. Il avait aussi l’amour des langues, ses amis ACJ – Roumanie le savent bien.
La musique était pour lui un outil. Norbert me disait souvent : « Je suis au service de la musique et ce n’est pas la musique qui est mon service ». Son mentor, le peintre Thomas Gleb, disait cette phrase qu’il paurait pu faire sienne : « Mon désir est d’aller aux sources des choses. De là, l’œuvre est baignée dans l’aurore du commencement ».
Je pense à Édith son épouse, qui ne va plus entendre résonner toute la journée sa musique dans leur maison de Freyming-Merlebach ; à Jean Didier et Armelle ses enfants, à ses 3 petits-enfants, aux choristes de Freyming et de Hombourg-Haut, à tous les choristes que nous sommes et qui, aujourd’hui se trouvent également orphelins.
Et j’ose parodier son ami grand ami, Thomas Gleb :

J’habitais plus haut que ma musique,
je n’avais pas d’intermédiaire,
j’étais dans le ciel.

J’ai fait cette petite vidéo sur Norbert. Une manière de dire merci Norbert.  https://youtu.be/cffkSBLSFiU

 

Agnès Polet